2016_2017 de Déc. à Juin

  • vendredi 26 mai 2017 - triangulaire : Lunel – St Mandrier sur Mer - RCPS 

Une fois n’est pas coutume, notre écrivain béarno-basco-landais avait préféré passer une soirée festive avec quelques montagnards descendus de leur montagne enneigée plutôt que venir fouler l’herbe verte et grasse pour narrer nos exploits les jours suivants…
Voici donc une tache bien ardue : tenter de trouver les mots adéquats à la suite d’un si brillant narrateur !
Vendredi soir donc, alors que le soleil était encore bien haut, une poignée de vaillants blaireaux osa le déplacement périlleux menant jusqu’aux terres basses : certains choisirent de descendre le Vidourle à la nage, d’autres s’échauffèrent en faisant les quelques kilomètres séparant les deux stades en footing. Sans doute la chaleur ou les requins nageant entre deux eaux nous firent perdre bon nombre de nos coéquipiers car à leur du coup d’envoi nous n’étions que 13 sur le pré !
Ceci étant, les sommiérois étaient bien décidés à ne pas s’en laisser compter : c’est à Lunel qu’on jouait !!!!!
Pour le Coach et notre arrière, il s’agissait d’avantage d’un retour vers le futur, là où, il y a fort longtemps, ils étaient jeunes et beaux… (Enfin l’un d’entre eux était beau…) Marty Mc Fly était donc au bord du terrain….
Comme les blaireaux ne doutent de rien, non contents de venir en sous-nombre, les sommiérois clôturent leur saison par une triangulaire puisque une équipe varoise est présente (en nombre) sur le plateau.

  • Match 1 : Lunel – St Mandrier sur Mer

La rencontre ne les concernant pas, les hommes-arlequins se concentrent sur leur échauffement, glissant de temps à autre un œil inquisiteur sur les prestations de nos futurs adversaires… Ça va piquer ! Victoire de Lunel 2-0

  • Match 2 : Lunel – RCPS

13 sommiérois +  2 lunellois… mais la vaillance est avec nous. Nos gentils hôtes nous avaient prévenus qu’en ce week-end prolongé, ils devraient composer une équipe mixte en faisant appel à quelques jeunes du club… quelques…. 
Les deux transfuges étaient en effet des vétérans, pas les 4 joueurs de leur équipe première qui nous pilonnent régulièrement en ce début de rencontre. Sommières plie mais ne rompt pas.
Résistant au raz et évitant aux jeunes ¾ de prendre trop de vitesse, les premières minutes se concentrent sur nos 40 mètres par une défense acharnée. Les avants grattent quelques ballons et nous tentons même de relancer par de jolies percées de nos centres bien inspirés et bien tranchants.
Le Roi de Kabylie, profitant des absences de nos habituels titulaires, se fait remarquer en numéro 8 et casse quelques placages. On progresse dans l’axe, on fixe et… on ouvre !!!!!!
Le demi de mêlée est lunellois…. La passe un peu basse, difficilement captée par Van Gogh, poursuit malgré tout sa route vers Chistera et notre rapide lozérien mais tombe finalement au sol. Celui qui la ramasse est jaune et noir, jeune et rapide… Crem’s se lance à sa poursuite sur leur quarante et s’arrête sur nos quarante, stoppé brusquement dans son élan majestueux par une cuisse récalcitrante …. 1-0
En aucune manière affectés par ce malheureux coup du sort, les blaireaux engagent et se relancent vers l’avant. Ils récupèrent même le ballon et tentent de dérouler devant avec une belle implication de notre seconde ligne. La progression termine cependant en touche ce qui nous permet de découvrir qu’avec un seul sauteur, même les lunellois comprennent assez vite où se situe notre faiblesse….
No Touch, No win… effectivement c’est beaucoup moins évident et les mètres si durement gagnés au combat se perdent très rapidement en quelques mauls jaunes et noirs. Un petit côté finement joué est stoppé à l’entrée des 22 par le retour d’Amar et de l’Embrouille mais la faille est visible et nos voisins du bas Vidourle vont retenter l’action quelques minutes plus tard. Leur arrière intercalé est stoppé par le nôtre mais la balle reste vivante et malgré un ultime placage sur la ligne, Lunel mène 2-0 à quelques minutes de la pause.
Sommières garde la tête haute et ne ferme pas le jeu. Volker sonne la charge et Rougail relaie au près. Même les trois quart touchent le ballon et notre 10 tente plusieurs fois de s’infiltrer. Il ne manque que quelques centimètres pour que le ballon ne rebondisse jusqu’à l’aile… il rebondit tellement en fait, qu’il finira en touche !
One Touch, One Win !
Et le miracle eut lieu !!! Touche pour les jaunes et noirs un peu cafouillée grâce à la pression de nos gros et après deux ou trois rebonds aléatoires, notre 15 réussit son accélération du match, résiste à un placage et décale Chistera lancé comme un avion dans les lignes de défense de l’adversaire. Essai !!!!!

Mi-temps

Nous faisons rentrer nos remplaçants pour soulager nos titulaires visiblement marqués par les efforts et la chaleur étouffante. Ah ben non… pas de remplaçant sur le banc…

Par contre à Lunel, les vestiaires semblent abonder de jeunes et fringants juniors ravis de venir gambader sur l’herbe verte. Et ça pique fort !!!

Le déséquilibre devient plus flagrant et le RCPS ne verra plus beaucoup l’autre côté du terrain, acculé dans ses quarante pendant toute la deuxième mi-temps. Résistant au mieux, les sommiérois ne désarment pas mais l’adversaire est bien plus costaud et enfonce nos lignes une nouvelle fois après une série de progressions rapide au cœur de la défense.
Quelques minutes plus tard, sur une touche dans nos 5 mètres, le ballon tarde à sortir et la passe pas très rapide non plus met notre arrière dans l’embarras. Il n’évite le contre qu’en réalisant un dégagement digne des plus beaux coups de pied de Bougnat. Avec la puissance et la précision chirurgicale d’un Ignaki, il propulse une vrille mal assurée dans les bras des arrières pescalunes qui n’en demandaient pas tant. Malgré des retours désespérés et des placages  déterminants, nous ne faisons que repousser l’inéluctable. Le renfort de la troisième ligne au raz finit le travail et achèvent nos espoirs…
Afin de ne pas pousser plus loin la déception et garder un bon souvenir du match, nous passerons sous silence le dernier essai des locaux qui avaient visiblement tout prévu pour gagner ce match en déposant une plaque de verglas juste sous les crampons de Chistera au moment précis où notre vaillant centre doit reprendre ses appuis ! Las… son vis-à-vis a l’outrecuidance de profiter de la situation et du terrain gelé à cet endroit précis pour repiquer à l’intérieur… La suite pourrait s’assimiler à une publicité pour les matelas dunlopillo vantant le confort de l’assisse et le moelleux des ressorts à mémoire de forme. Chistera au sol c’est essai au bout.
Le score ne reflétant absolument pas la grande majorité de la rencontre, nous garderons surtout à l’esprit la volonté de jouer et l’abnégation de nos fiers blaireaux qui doivent déjà se préparer pour le match suivant !

  • Match 3 : St Mandrier – RCPS

Le temps de se désaltérer quelques instants et de faire entrer les remplaçants (ah ben non toujours pas…) et bientôt l’arbitre appelle les deux équipes au centre du terrain. Les soigneurs et masseurs du RCPS se hâtent de prodiguer quelques soins à nos sommiérois bien éprouvés (ah ben non, pas de massage non plus)
Les varois sont nombreux et de notre âge, ce qui rend la confrontation bien intéressante. L’état d’esprit qui les anime semble exactement le même que le nôtre et les premiers contacts à la fois rudes mais respectueux prouvent que la partie va être saine et serrée.
Question organisation le RCPS continue à innover : Après Amar, voici que Crem’s passe aussi en troisième ligne, et que l‘Embrouille prend le 9 ! C’est vraiment du n’importe quoi !
Les adversaires dans une belle tenue bleue sombre et noire montrent de belles qualités et un pack particulièrement bien organisé. Encore une fois nous subissons les premiers assauts mais nous faisons mieux que résister et renvoyons dans leur camp des Varois un peu moins efficaces derrière.
Les blaireaux passent même à l’offensive et après un déboulé de la troisième ligne, Van Gogh décale Philou replacé à l’arrière qui franchit et manque d’un rien de se faire la valise.  
Encore une attaque des harlequins du Vidourle, toujours grand côté avec un jeune 7 prêté par Lunel qui se retrouve lancé à l’entrée des 22 adverses et fixe la défense avant d’envoyer une passe missile à notre pauvre Cassou. Ce dernier, préférant sauver sa vie, baisse un instant la tête pour éviter le projectile et n’arrive pas à capter le ballon alors que l’en-but s’offrait à lui.
Mais qu’importe, les sommiérois sont bien décidés à poursuivre leur marche en avant et comme nos adversaires sont à peu près aussi maladroits que nous, voici le RCPS bénéficiant d’une mêlée sur les 40 adverses. Van Gogh annonce la combinaison, les trois-quarts se placent à merveille et le ballon sort des pieds du numéro 8… et là… ce con de neuf débutant oubliant toutes les consignes et les annonces part en travers, feinte la passe à l’intérieur et repique au centre. La feinte n’a pas surpris que Van Gogh puisque St Mandrier reste tout aussi coi que notre 10. Une chance pour l’Embrouille qui fait sa deuxième accélération de la soirée (deux ça suffit) raffute l’arrière varisien (ou varois) avant de se faire croquer par l’ailier. Chistera, décidément toujours dans les bons coups, arrive encore parfaitement à hauteur et attrape le ballon au vol. Un sprint de 20 mètres et le voici à nouveau entre les perches !
Le varois n’étant pas du genre à se laisser abattre, la remise en jeu indique instantanément quelles seront les intentions des bleus et noirs pour les minutes qui vont suivre : le pack va nous faire mal… très mal ! En touche, en maul, en pick and go, toute la panoplie de l’avant rugueux y passe.
Leur 8 très massif vient souvent tamponner nos flancs déjà meurtris et les sommiérois cèdent après une énième remise à l’intérieur.
Une pseudo mi-temps permet aux hommes de se rafraichir mais il faut faire vite : la demi-finale du championnat de France approche et certains spectateurs commencent à déserter les tribunes pour se réserver une place confortable devant le grand écran.
Sommières repart à l’offensive… mais pas trop vite quand même ! La chaleur a entamé nos organismes déjà éprouvés par les dix kilomètres de footing (en venant de Sommières…). Les placages des deux côtés sont moins efficaces et parfois un peu trop hauts. Les blaireaux obtiennent ainsi une pénalité qu’ils transforment en touche sur les 22 adverses. Une touche presque gagnée ! Presque…
Crem’s, lançant même s’il joue en 3eme ligne, lobbe le premier sauteur, le deuxième par la même et envoie le ballon parfaitement droit au milieu du couloir, mais loin derrière le couloir ! Amar est le plus prompt : il se saisit de la balle au bond et avance tel un land-rover dans les dunes de Kabylie, mais se fait finalement arrêter à 10 mètres de la terre promise par un fourbe varois (ou varisois) qui tape dans le ballon !
Le cuir hésite au sol, d’un côté puis de l’autre laissant l’arrière bleu et noir dans l’embarras. Le blaireau est plus vif : le neuf de Sommières bouscule sous vis-à-vis, saisit la balle et fait sa troisième accélération de la soirée : heureusement il n’y avait que 5 mètres à parcourir et encore, il fallut une ultime roulade pour pointer sous les perches.
Les derniers instants du match se concentrent dans les 22 sommiérois qui défendent becs et ongles  leur mince avantage. Une fois, deux fois, les assauts sont repoussés par les vaillants et fiers joueurs du Vidourle qui, faisant fi de leur poste habituel, tente de colmater des brèches béantes dans la ligne. L’arbitre (lunellois….) oublie de sanctionner un maul varois moult fois arrêté qui finalement se décale une dernière fois pour libérer l’espace et permettre à nos adversaires d’égaliser sur la dernière action.
Dommage sans doute pour la victoire au score… 

Mais la vraie victoire était bien ailleurs : l’engagement total et l’esprit des blaireaux respecté !
Un vrai match de vétéran loisir pour conclure une saison parfois délicate mais qui du coup redonne encore plus envie de retrouver les copains sur le rectangle vert.
Et pour tout dire, nous avons peut-être trouvé avec cette équipe de St Mandrier la destination d’un prochain voyage rugbystique…

 

 

  • vendredi 21 avril 2017 - RCPS / Marguerittes  - 3 / 3 

Le Printemps est de retour. L’herbe du stade, verte et souple, offre son matelas pour les corps à corps de nos rugbymen préférés. Vendredi soir au Stadium international de Sommières les locaux affrontaient leurs meilleurs ennemis : Marguerittes. On se souvient de la fin de match chahutée chez les nordistes (du département) et les deux équipes avaient à cœur de régler par le jeu les quelques différents esquissés à l’aller à coup de phalanges.

Les conditions sont excellentes, la température clémente, le terrain en parfait état et le soleil accompagne de ses derniers feux l’échauffement des deux équipes.

Du côté de Sommières il n’y a pas de grands discours. Ils ont déjà été prononcés après la précédente défaite. Depuis, l’effectif, même réduit cette année, s’est retrouvé une nouvelle envie de jouer ensemble, juste de jouer. Alors au moment de former le cercle on ne parle que de ça, d’envie. Envie de jouer, envie de franchir la ligne, d’empêcher l’autre de le faire et, si possible, de gagner. La victoire étant fixée de manière simple : sortir du terrain avec le sentiment du devoir accompli, sans regrets.

Et force est de constater que ces dernières semaines nous ont été profitables. Nos entames chaotiques deviennent de plus en plus de lointains et mauvais souvenirs. Par courtoisie les locaux offrent le coup d’envoi aux "Marguettiens". La pression est immédiate et les premières minutes se déroulent essentiellement dans notre moitié de terrain. L’adversaire a du ballon et un pack lourd. Les impacts pèsent lourdement sur les nuques et les épaules. Mais la ligne de défense de Sommières est bien organisée. Les montées se font mieux que d’habitude. Plus disciplinés, les joueurs au maillot arlequin s’annoncent et tentent de prendre correctement la largeur du terrain. Marguerittes pilonne mais piétine. Derrière c’est à l’unisson, notre vaillante ligne amenée par Van Gogh n’hésite pas à retourner de la viande. Chistéra et Olive font preuve de solidarité, L’Embrouille place, conseille et houspille les égarés. 

Devant le combat est rude mais Sommières reste concentré. C’est bientôt aux riverains du Vidourle de planter leurs premières banderilles. Chistéra, tout en puissance, monopolise la défense bleutée au milieu du terrain. Les soutiens sont plus rigoureux qu’à l’accoutumée : nous perdons bien moins de ballon (deux dans le match peut-être) sur un retard au déblayage. Les avants prouvent que, malgré leurs handicaps cognitifs, ils ont bien intégrés la notion de percussion à trois (merci au Coach, ses séances d’électrochocs et ses menaces pas voilées du tout portent leurs fruits). Bison, Gaby costaud, Guronzan, les puissants Pat&Michel et un impressionnant Touvert, martèlent la ligne de défense adverse. La progression se fait, lente mais effective. Elle ne parvient pas cependant à franchir la ligne; en cause un équilibre des forces manifeste et des forces encore intactes. Qui craquera le premier ? (le mollet de Tony en fait, sorti sur une douleur à la cuisse et nous privant ainsi de précieuses munitions en touche).

A la pause les deux équipes se séparent sur un score vierge. On s’encourage, on respire fort et on y repart. 

L’entame est clairement à l’avantage des Sommiérois qui font mal dans l’axe. Le pilonnage des avants porte ses fruits. Touvert et Pat&Michel fendent la défense adverse peu après leurs quarante mètres. Soutien des Baliston, Rougaï, Fils et un Mac plus en vrac. La vieille feinte du facteur permet à Matthiñaki de se glisser au ras du regroupement et de foncer vers l’en-but. Las, malgré une pointe de vitesse proche de celle d’un (gastéro)Pod-racer, il est rattrapé à un mètre de la terre promise. Guronzan, revenu du diable Vauvert, et Touvert, toujours dans les bons coups, ramassent la balle. S’ensuit une confusion de jambes et de bras, pas bien nette. L’éclair viendra d’une ouverture sur le centre et d’une feinte de corps de Van Gogh à l’ouverture. Retour à l’intérieur. Avec la finesse d’un coup de hache pour trancher un saucisson, il franchit les dix derniers mètres avant de s’effondrer sur la ligne, sous trois défenseurs adverses impuissants et dépités. Sommières prend l’avantage.

Pour peu de temps.

 Marguerittes réagit aussitôt en profitant d’une erreur de récupération sur le coup d’envoi (à noter qu’il faudra les bosser les gars parce que vendredi soir on ne peut pas dire que c’était le gala des magiciens point de vue dextérité tactile, Majax et Garcimore peuvent dormir tranquilles). 2017 blaireau maillot sur surf.jpgLe jeu se concentre sur les 22 m. de Sommières. La défense est toujours en place et les surfeurs du Vidourle tiennent bon face aux vagues Marguerittiennes. Ils récupèrent même la balle sur une touche mal négociée (autre point noir de la soirée, la touche a coûté plus de balles qu’elle n’en a rapporté, il faudra régler ça).

C’est à ce moment du résumé qu’il convient de soulever un réel problème concernant le terrain de Sommières : il n’est pas aux normes internationales. En effet, le terrain est trop décalé vers l’ouest, en tout cas sa ligne de touche. J’en veux pour preuve le dégagement de Matthiñaki qui échoue à trouver l’extérieur du terrain alors que, en toute franchise, il était magnifiquement tapé. Au-delà de cette flagrante malfaçon dans le traçage des lignes, il conviendrait de se pencher aussi sur les curieux courants de haute altitude qui ont tendance à rabattre les ballons vers l’intérieur du terrain. Ce n’est pas anodin, la preuve, sur la récupération de cette superbe touche non trouvée, les Marguerittiens font un point de fixation puis ouvrent large sur la gauche. Leur ailier déborde et… essai. Et égalisation. 

Voilà un dégagement qui coûte cher. Heureusement pour le malheureux demi de mêlée ses coéquipiers savent se montrer magnanimes (le sujet ne sera évoqué que trente-deux fois à l’apéro) et regagnent le centre du terrain en silence (sauf Bougnat qui lui conseille la prochaine fois de poster le ballon, au moins on sera sûr de l’endroit où il arrive). 

Mais les Sommiérois ont de la ressource, y compris à l’improvisade. Ils se projettent dans la moitié de terrain Margueritalbanaise et reprennent leur pressing. Des duels de coup de pied de dégagement s’ensuivent entre arrières (à noter que le demi de mêlée sommiérois est implicitement invité à ne pas y participer).  

C’est l’occasion de souligner qu’un record du monde a été battu ce soir-là. Celui du 50 mètres crampon. Et c’est l’un des nôtres qui le détient désormais. En effet, sur un beau dégagement de l’Embrouille,  Boris, l’avion à hélice, franchit les 50 mètres en moins de 3 secondes 12 pour plaquer violemment l’arrière adverse, un peu surpris il est vrai.

L’arbitre, notre estimé et compétent Padacor, juge malheureusement qu’il s’agit d’un hors-jeu de 48 mètres. En l’absence de vidéo et du matériel laser adéquat il ne nous est donc pas possible d’homologuer le record de Boris. Dommage, le dégagement était beau. 

C’est d’un autre coup de pied que vient quelques instants plus tard le deuxième essai de Sommières. Et c’est un Margueritotinien qui le frappe. Son dégagement ne trouve pas la touche (une « Matthiñaki » en maori) et rebondit au milieu des Sommiérois. Notre demi de mêlée s’en empare et remonte le couloir des 15 mètres. L’Embrouille appelle à gauche, le 9 prend le trou entre l’ailier et le centre. Trou qui se referme aussitôt mais il parvient à servir dans le dos de la défense Bertrand, décalé sur l’aile droite. Bertrand enclenche alors la surmultipliée. Préservant sa main gauche pour un raffut (ou pour ne pas se la salir ? Les trois-quarts sont des gens délicats) il file, à la fidjienne, le long de la ligne de touche. Ces adversaires lui caressent le maillot mais sa pointe de vitesse fait la différence. Il aplatit dans l’en-but ! Sommières reprend l’avantage.

La mi-temps est sifflée. L’entame de la suivante va doucher l’enthousiasme des locaux. 

De nouveau des maladresses sur le coup d’envoi et la pression monte sur les 22 de Sommières. Un ballon est récupéré avant d’être aussitôt perdu, les trois quarts à damier déploient leur attaque et échouent sur le côté gauche de notre terrain. C’est alors que, manque de lucidité, d’oxygène, d’expérience, tous les défenseurs se concentrent sur le regroupement. Les appels désespérés de Prof sur l’aile opposée restent lettres mortes. L’ouvreur adverse fait filer la balle à l’aile où le surnombre est injouable défensivement. L’ailier aplatit une première fois. Egalité.

Les Sommièrois, mal remis des efforts consentis, maladroits, se refont acculés de la même manière trois minutes plus tard. Les mêmes causes entraînant les mêmes effets, Marguerittes marque la copie conforme de l’essai précédent et assomme le Sommières Maracana Arena. Les locaux qui menaient encore 5 minutes auparavant sont maintenant derrière au score. Et le temps file.

Pourtant, Sommières redresse la tête et se relance. Amenés par un Bougnat percutant et des avants toujours volontaires, l’équipe multicolore pousse dans l’axe. Une ouverture rapide fait échouer Philou à quelques mètres de l’en-but. S’ensuivent de longues minutes de luttes acharnées sur le côté droit du terrain. Marguerittes veut gagner et Sommières ne veut pas perdre. Les volontés s’affrontent et les corps se heurtent. Une série de regroupement au centre du terrain permet de créer un décalage pour les trois quarts vers l’aile gauche. Rattrapés à deux mètres les avants protègent la balle. Un renversement rapide prend à contrepied toute la défense bleue aux abois. Un gri gri de Van Gogh et le 10 adverse disparaît, passe à hauteur pour Chistéra lancé comme un avion. Il perfore les derniers défenseurs déboussolés et passe sous les barres. Essai !!! Egalisation à la volonté de Sommières. 

Que dire de la suite ? Pas grand-chose. La fatigue faisant son œuvre sur des cerveaux affamés d’oxygène un joueur adverse se trompe de sport et marche sur Pat&Michel. On se bouscule, on s’insulte, on s’excuse, on s’énerve. L’arbitre et les capitaines décident d’en rester là.

Le temps pour chaque équipe de s’isoler et des poignées de main effacent ce vilain coup de pied. Les équipes passent sous une haie d’honneur et avant de regagner les vestiaires les Sommiérois se regroupent. 

On parle de fierté, de volonté de ne rien lâcher et d’engagement. Le contrat a été rempli. On avait envie, beaucoup. Tellement qu’il nous tarde de recommencer. 

On peut donc parler de victoire. Après tout, on ne mesure pas le plaisir de jouer en nombre d’essais. 

Bravo à tous, à bientôt pour de nouvelles aventures.

  Matthiñaki

 

  • vendredi 24 février 2017 - RCPS / Les Tamalous  - 5 / 1

Difficile de résumer la partie de vendredi car beaucoup d’éléments se mêlent pour en brouiller la vue. La déception notamment, et il n’est jamais bon d’évoquer le passé avec ce filtre devant les yeux. Aussi, il faut s’attacher à passer outre ce sentiment pour garder une approche neutre et impartiale, c’est-à-dire utile au club.

Deux réalités se télescopent dans ce match. Celle, immédiate, virile et implacable (tu m’étonnes…) du score : nous avons été battus 5 essais à 1 contre une équipe meilleure que nous. Malgré tout, le tableau d’affichage reste sévère, nous n’avons craqué qu’en toute fin de partie.

chui rugbyman  L’autre réalité, plus large, est celle d’une saison avec pour le moment des défaites (ce n’est pas grave, nous sommes en loisir) et de la frustration (et cela c’est bien plus grave, précisément parce que nous sommes en loisir).
  Il faut donc se poser les bonnes questions, mais la tête froide, une bière fraîche à la main et les copains autour de soi.
 

Tout d’abord le match. 

 Il commence plutôt bien pour le RCPS qui montre de belles intentions, à coup de pénétration dans l’axe et de relais rapides des trois quart. Même si nous ne parvenons pas à conclure ces premiers temps forts, nous nous installons dans leur moitié de terrain et montrons une belle application dans les protections de ruck et le soutien axial.

Nos adversaires sont solides et le combat au sol est farouche. Quand les Tamalous finissent par mettre la main sur le ballon, ils montrent une belle circulation de balle et de la rapidité dans les courses. Sur une de leurs premières attaques, après des percussions dans l’axe bien contenues par nos avants, c’est sur un renversement qu’ils trouvent la faille. Apprendre son positionnement en défense est facile quand il s’agit de suivre son vis-à-vis, mais se replacer après un ou plusieurs temps de jeu nécessite de l’expérience… et du temps de jeu.

Le deuxième essai des Tamalous est de même facture, avec cette fois un débordement sur l’aile de plus de cinquante mètres. Comme on disait l’année passée, ils nous ont fait une Marrakech (Lucas, si tu nous entends, on pense à toi).

Piqué au vif, les Sommiérois repartent à l’attaque. De belles séquences s’enchainent : les avants pilonnent la défense adverse, les soutiens sont proches du porteur du ballon et la charnière s’applique à faire circuler la balle. Une fois n’est pas coutume, rugby vers l essaic’est un trois quart, Tom, alias Van Gogh, alias le Boucher conventionné, qui profite de l’élan donné par ses gros pour percer au centre du terrain. A trente mètres de l’en-but il trouve le soutien des gros. Bonzaï, en demi de mêlée matois et retors, s’enfuit au ras du regroupement, sert Iñaki à hauteur qui n’a plus qu’à filer aplatir au pied des poteaux. 

La mi-temps survient sur un score de 2 essais à 1. La partie est encore équilibrée. On s’encourage et on y repart. 

La deuxième mi-temps débute fort pour le RCPS qui campe rapidement dans l’en-but Tamalounien. Malheureusement des fautes de main empêchent les attaques de se conclure. Sur un long coup de pied de dégagement les adversaires du jour reportent le jeu dans nos 22 mètres. Notre touche, trop maladroite, nous prive de ballons importants. Sur un regroupement consécutif à une touche adverse, les avants de Sommières opposent une belle poussée, bloquent l’avancée. Les Tamalounais tournent le mall et l’un des leurs perfore le bloc sommiérois, occupé, la tête baissé, à pousser. Le ballon file derrière la ligne. 

Le dernier tiers temps est un résumé des deux premiers. Sur des renversements d’attaque les trois quart des Tamalous se retrouvent en surnombre et passent une ligne de trois quart sommiéroise réduite à la portion congrue. Une pensée à nos ailiers, Prof et Cassous, qui ont dû se sentir bien seul.  Les attaques sommiéroises se passes ballonsont heurtées à des fautes de main dans les moments décisifs et un bon jeu au pied de nos adversaires, qui parvenaient à se dégager, jouer derrière nous et nous renvoyer dans notre camp. Des défauts de positionnement ont également permis aux avants vert et noir de traverser dans l’axe des rucks de plus en plus disputés, et souvent de façon houleuse.

La fatigue gagnée et les esprits s’embrumaient. Les Tamalous étaient venus avec deux équipes quand nous plafonnions à une petite vingtaine. Les plus jeunes se sont démenés, à l’image d’un vaillant Chistéra tout en puissance, mais la fraîcheur était du côté des visiteurs ce soir-là.

Le match s’achève sur un score sévère mais qui ne reflète pas la physionomie du match. Sommières joue par à coup mais est capable de jouer.

Les mines étaient abattues et déçues au moment des derniers mots. A juste titre, il n’est jamais bon de prendre tant d’essais, surtout à la maison. Et c’est là qu’il faut se poser les bonnes questions. Le président de Toulon réagirait en criant et en menaçant, en virant des joueurs ou l’entraîneur, ou bien en menaçant de démissionner. Mais voilà, nous ne sommes pas Toulon. En fait, nous sommes mieux ! 

Le RCT, comme tous les clubs de l’élite du rugby, est un club de mercenaires se vendant au plus offrant. A Sommières, la seule richesse du club provient des rencontres que l’on y fait, de la camaraderie qui y règne. C’est un trésor, et comme tous les trésors il convient de tout faire pour le préserver. Aussi, à l’heure du doute, ce qui ne peut être remis en cause, c’est le groupe.

Parce que j’ai l’honneur d’être de temps en temps votre capitaine, j’ai le devoir de prendre la parole quand l’équipe traverse une mauvaise passe ou bien se décourage. Ça vaut aussi bien en dehors du terrain que sur celui-ci. 

Mon message, après avoir discuté et écouté beaucoup d’entre vous est assez simple : personne n’est indispensable mais tout le monde est essentiel. 

Le Président assume de lourdes charges d’organisation, de rencontres avec les autorités, de gestion au quotidien d’un club dont nous ne sommes qu’une petite composante. S’il a démocratiquement été élu à vie, c’est parce qu’il croie dans ce club et qu’il était le plus courageux pour assumer toutes ces responsabilités. Merci à lui.

Le Coach a été un joueur viril et rugueux avant de devenir un entraîneur… viril et rugueux. Il fait ce que personne n’aime faire : regarder les autres jouer sans pouvoir prendre le ballon et se joindre au jeu (ou quand il le fait il est plus dangereux pour lui que pour les autres…). Aller à l’entraînement est facile, préparer un entraînement est long, compliqué et fastidieux. Aujourd’hui, personne d’autre ne pourrait ou ne voudrait faire ce qu’il fait. Gratuitement. Merci à lui. 

Guronzan, Tony, Philou se partagent l’organisation des matchs amicaux. Ça prend du temps (les doodles, c’est compliqué à faire), de la patience quand personne ne répond (les doodles, c’est compliqué à répondre). Merci à eux. 

Cyril, Prof et d’autres se chargent de la logistique du club house. Merci à eux. 

Beaucoup de petites et de grosses mains se sont penchées sur le nouveau club house, ont donné de leur temps pour le rendre opérationnel. Merci à eux.

A tous ceux qui viennent malgré l’appel du lit, des enfants, de la femme, de la climatisation, des os, des entorses et des fractures. A tous ceux qui commencent et qui se « trouvent » parfois complètement perdus sur le terrain, pris entre des indications contraires et des mouvements contradictoires. Merci à eux.

cesar Pourquoi cette longue liste façon remerciement aux Oscars ? Parce que sur le terrain comme en dehors, quand ça va pas, il faut revenir aux fondamentaux. 

 Et au rugby, le fondamental, c’est le groupe. Et quand on réfléchit avec ça en tête beaucoup de questions trouvent leur réponse, beaucoup de problèmes leur solution.

 Nous sommes peu nombreux aux entraînements et peu nombreux aux matchs, y compris à la maison. C’est normal, nous SOMMES peu nombreux. Le nombre de licenciés est trompeur. Beaucoup se sont blessés, n’ont fait que quelques entraînements, ne reviennent plus. Le noyau dur est composé d’un petit groupe. Et qui plus est nous sommes des "loisir". Nous avons du mal à monter une équipe complète cette année, non pas parce que les gars ne veulent pas, mais parce qu’ils sont moins nombreux qu’avant. Dans l’idéal il faudrait recruter une dizaine de gars en plus. Des nouveaux dans le club et dans le rugby. 


 Voici encore une de nos forces, des nouveaux venus en Ovalie. J’en ai senti certains découragés. Il faut s’accrocher les gars. C’est à nous, les joueurs expérimentés (j’ai dit « expérimentés », pas « meilleurs », la nuance est importante) de vous aider à vous blaireau pancarte V2familiariser à ce sport compliqué qu’est le rugby. L’expérience sur le terrain, le temps de jeu est irremplaçable pour l’apprentissage. On ne peut pas jouer plus de matchs, compte tenu de l’effectif mais également de l’âge de nos artères. Peut-être alors est-il nécessaire de pratiquer plus de jeu dirigé à l’entraînement ? Pour à la fois gagner en expérience et renforcer le côté ludique. Pour attirer de nouveaux venus ou bien faire revenir des anciens démoralisés ? Pour lutter contre une démobilisation qui fait commencer l’entraînement à 19h puis 19h15 puis 19h30… Pourquoi ne pas revenir à 19h, une première partie d’échauffement et de technique puis une partie de jeu dirigé (ceux qui sortent du boulot arriveraient à ce moment-là et ne rateraient pas la mise en place) avec  de l’intensité et finir par du jeu à fond ? Un peu comme un match.
 

C’est une proposition vague, histoire de lancer la discussion. Tout cela est à décider ensemble, avec le Coach, qui à la connaissance des exercices et qui sait ce qui peut être fait, ou pas.

Je crois dans la dynamique de groupe et dans l’effet d’entraînement. Nous sommes avancés dans la carrière rugbystique, nous savons donc que le mieux appelle le mieux mais cela peut également fonctionner en sens inverse. Maintenant plus que jamais il faut se serrer les coudes.

Pour ceux qui peuvent, on se retrouve lundi sur le terrain. Perso ce sera sur le côté, précisément à cause de mon côté un peu chiffonné (j’ai vu un kiné dans le vestiaire et il m’a dit : « soit ta côte est cassée, froissée ou le cartilage arraché ». du coup je lui demande « Et qu’est-ce que je dois faire ? ». Il me répond «  bein rien, attendre que ça passe, ça fera 23 euros ». Pour 1 euro mon boulanger m’aurait dit la même chose et en plus je serais reparti avec une chocolatine. Merci docteur). 

Pour ceux qui ne peuvent pas venir, n’hésitez pas à réagir par écrit ou bien le lundi suivant. Je ne détiens pas la vérité.aime le rugby

Gardez une seule chose à l’esprit, on a perdu ensemble, on ne pourra s’amuser (et là est la vraie victoire) qu’ensemble. Soyez bienveillants les uns envers les autres. Je ne connais personne dans le club qui ne veuille le bonheur du club.
Nous avons la chance de pouvoir continuer ou commencer à jouer au rugby, sans pression, pour le plaisir, à nos âges.      
C’est ça l’essentiel. Ne l’oublions pas.

 A bientôt tous,
 basque Matthiñaki     Matthiñaki

 

  • mardi 6 décembre 2016 - LES CISSOUS / RCPS  - 6 / 2 pression adverse

Tout avait pourtant si bien commencé…

Il ne faisait pas si froid que ça sur le terrain synthétique des Cissous. Nous étions plus d’une vingtaine et la dernière prestation à Marguerittes nous avait laissé entrevoir de belles choses en matière d’engagement et de solidarité. Mais voilà, nous avions retenu le meilleur et ne nous étions pas suffisamment méfiés du moins bon. 

Peut-être étions-nous impressionnés par l’architecture altière du stade Yves du Manoir  stade-yves-du-manoir-montpellier.jpg
(ou Altrad Stadium, en attendant le Frêche Stadium  ou autre) ? Il est vrai que pour des Sommiérois, ces grands bâtiments (ils appellent ça des immeubles à la ville) ont de quoi surprendre. Le plus haut monument du village est un donjon carré en pierre datant du Moyen Age. Comme les ancêtres l’ont placé au sommet de la colline, inutile d’essayer de faire mieux. On en est resté là depuis sept siècles. A Sommières rien ne monte plus, à part le Vidourle. Je m’égare.

Donc, notre bande de joyeux drilles avait de quoi être décontenancée dans l’océan minéral de la grande ville. Que ce soit ça ou le terrain synthétique, il y a quelque chose qui n’a pas bien fonctionné ce soir-là. Ça, ce n’est pas une supposition, c’est de l’honnêteté. 

Et pourtant, tout avait bien commencé…

Après un sympathique discours de bienvenue de la part des Cissous et quelques poignées de mains échangées avec des anciens passés à l’ennemi (  Doc et Benji, même je me demande si ce n’était pas le père de Benji qui jouait en boitant, difficile à dire) le coup d’envoi était donné. Encore frais (ça va pas durer), les Sommiérois se lancent à l’attaque du camp adverse. Et il faut bien le dire, dans ces premières minutes nous montrons bonne figure. Un peu de pilonnage d’avant, des attaques en lignes, des phases de jeu qui durent. Il semble que nous prenions le match en main.

Mais tout est toujours question de point de vue. Un observateur aguerri aurait pu remarquer que les percussions devant ne pénètrent jamais très profond, que la balle ne dépasse que rarement le 1er centre, que les en-avants sont nombreux (même si le ballon était réellement glissant, et je dis pas ça parce que mon premier ballon s’est soldé par un en avant de trois mètres). Les premiers signes de nos faiblesses, mais nous ne les voyions pas.

Mieux même, à l’issue d’une contre-attaque des Cissous, un ballon en fin de ligne est échappé (retenez que les Cissous arrivent à faire circuler le ballon jusqu’à l’aile, ça ne nous arrivera pas souvent) et Cassou crucifie les Cissous en filant facilement en sprint sous les perches (dites la phrase à haute voix et très vite, pas facile). Sommières ouvre la marque !

Tout avait pourtant si bien commencé…

Le coup d’envoi est l’occasion pour les Cissous de se relancer et d’arriver dans notre moitié de terrain. Il ne faut pas cinq minutes pour qu’un tour de passe passe révèle les faiblesses de notre organisation défensive. Après une belle série de renversement un trois-quart adverse se glisse entre les dents mal ajustées de notre scie défensive et file dans l’en but. 1-1, balle au centre. 

Vous avez bien lu l’action précédente ? Eh bien tant mieux, cela va m’éviter de la réécrire. Par la suite, tous les essais encaissés ont été les clones de celui-là. Des Cissous qui balaient le terrain de gauche à droite et qui finissent par trouver la faille. En fait de faille, il s’agissait plutôt d’un boulevard, façon Champs Elysées. 

A ce stade, une pensée émue pour nos centres et ailiers qui n’ont pas été à la fête mardi soir quand il s’agissait de défendre. Pour avoir plaqué en bout de ligne deux ailiers qui s’effondrent dans l’en-but (et donc qui marquent, super boulot défensif…) on n’était pas très nombreux en maillots rouge et vert. En revanche le bleu abondait comme dans un vol de palombes posées au sommet d’une pinède landaise (les initiés comprendront).

Pour la faire courte, les Cissous terminent le 1er tiers temps en prenant l’avantage 2-1. Cependant, nous nous sommes accrochés tant que les poumons fonctionnaient. Et surtout tant que les Cissous craignaient encore un retour ou un contre de notre part. Quand ils furent rassurés, en 3ème tiers temps, ils n’eurent plus qu’à dérouler.

Qu'y-a-t-il de remarquable à souligner avant l’avalanche finale ? Ah oui, le plus vilain essai de ma carrière. Vu la longueur de mes jambes, inversement proportionnelle à celle de ma ceinture en ce moment, je n’ai jamais marqué beaucoup d’essais. Mais celui de mardi est sans conteste le plus moche de tous.

Et pourtant, tout avait si bien commencé…

Regroupement sur les 50, Bonzaï, en demi de mêlée retord, fait un départ grand côté. Le défenseur adverse, manifestement formé à la l’école sommiéroise, lui caresse le maillot et le laisse filer. 50 mètres, ça parait peu quand on est en voiture ou jeune. Mais ces 50 mètres ce soir-là parurent bien long à Lionel qui vit fondre sur lui les trois quarts Cissoussiens, revenus du diable vauvert. Il se fait rattraper à trois mètres de la ligne d’en-but. L’ingrat ! Alors que nous avions tellement confiance en lui que nous avions cessé de courir en soutien. Seul Touvert, qui ne croyait pas en Bonzaï, enjambe et dispute la balle. Et là, c’est la confusion. L’arbitre annonce ruck rouge (c’est nous) mais un bleu (c’est eux) s’empare du ballon. L’arbitre insiste. Il demande au bleu (eux) de le rendre à Touvert (nous) qui est rouge (toujours nous). Tout le monde s’arrête, pensant la mêlée inéluctable.

Tous ?

Non.

Un héros, revenant du fin fond du terrain, arrive à toute allure (l’action est arrêtée depuis dix secondes) et crie à Julien : « balle ! ». Touvert, déjà en train de refaire ses lacets et de s’étirer dans l’attente de la mêlée, obtempère et me fait la passe. Je n’ai plus qu’à faire un quadrage débordement sur un défenseur qui ne défendait pas et j’aplatis glorieusement sous la barre au milieu d’une dizaine de joueur me prenant pour un fou.

 Essai.  

 D’accord, c’est moche. Mais ça compte. Si on voulait faire que du beau on ferait de la peinture, pas du rugby.

 Vexés, les Cissous ont répliqué quasi instantanément. La dernière action du 2ème tiers temps s’achève sur la récupération du coup d’envoi par Sommières puis par un gros tampon infligé au 3ème ligne adverse. Sa blessure conclut le temps de jeu. Mi-temps, 3-2. Rien n’est perdu. En fait si, mais on ne s’en rendait pas encore compte.

A la reprise, les Cissous ont commencé à accélérer et on a commencé à ralentir.
Conséquence, les essais se sont multipliés comme les taches noires dans mon champ de vision. 

Que retenir ? 

Deux beaux groupés pénétrants après prise de balle en touche où Tony et Guronzan se sont faits plaisir. Une révolte des avants, qui n’ont pas démérité même si le soutien à souvent manqué, pas l’envie. Rougail, Bison, Amar, Gabi, Balliston, Joss ont lancé de belles charges ou offert de courageux soutiens au sol. De beaux tampons de Pat & Michel.

Les ¾ ont fait ce qu’ils ont pu comme en témoignait le visage rayé de Tom malgré son casque Tomcasque (il lui faudrait un intégral peut-être ?). Prof, Philou, Glou, l'Embrouille, Nicolas ont souvent eu à gérer des un contre beaucoup-trop de bleus. Pas facile. 

Au chapitre des regrets, un 28 contre 2 vendagé en fin de match sur le côté droit à dix mètres de l’en-but des Cissous. Ce qui a valu un bon coup de gueule d'un de nos anciens qui joue arrière, surnommé l'Embrouille, dont le prénom commence par "Cyr", se termine par "il" et dont nous conserverons l'anonymat parce qu'il avait raison mais qu'on ne veut pas qu'il sache qu'on le sait.

Au chapitre des petits bonheurs simples de la vie, un bon carton sur Doc, lancé comme un météore, et venu s’empaler sur un défenseur. Mais ça n’empêchera pas son compère restaurateur boiteux d’offrir une balle d’essai à un Cissous en bout de ligne.

Passés, repassés, dépassés. Tout avait pourtant si bien commencé… 

Que retenir de positif ? 

Nous étions plus d’une vingtaine, nous avons affichés de belles intentions de jeu mais nous n’avons pas encore le niveau technique pour qu’il soit vraiment efficace.

Notre manque de banc derrière oblige les anciens à courir (trop) longtemps et aux nouveaux d’accélérer (trop) leur apprentissage défensif. Contre des vieux briscards comme les Cissous ça ne suffit pas pour tenir la durée d’un match. 

Le rugby est un sport technique qui demande du coffre et de la vision de jeu. Tout cela s’apprend et il faut du temps. Du temps d’entraînement et du temps de jeu. 

Mais on aime ça !   Alors à lundi, pour de nouvelles aventures !

basque Matthiñaki     Matthiñaki

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